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Il arrive parfois, et par un délicieux miracle, qu'une sirène fragile revête ses habits de bohémienne. C'est là l'un de ses plus grands secrets.
Alors elle s'en va sur les routes ... comme l'ont toujours fait ses ancêtres, les rejoignant ainsi dans le bonheur sublime de l'évasion du corps et de l'âme. La bohémienne en a besoin. Un besoin vital ...

La bohémienne voyage si souvent. Elle aime partir à l'aventure sur une longue et sinueuse route ondulant comme un ruban sa Liberté, au gré de ses envies, au gré des jours qui s'étirent ou de ceux qui s'endorment, au gré de ses rencontres et au gré de ses vagues ... au gré des mouvances de sa vie. C'est ainsi qu'elle renaît.

Cahin-caha, la roulotte verte et rouge balance longuement ses caprices au doux pas de Quiéto. Elle navigue doucement sur les chemins étroits, évite les ornières et s'abandonne à la paix d'un voyage sans contrainte.

Le soleil et la lune composent le cadran d'une horloge imaginaire. L'éclat de ces deux astres invente tour à tour les aiguilles qui trottinent en cadence leur éternel refrain. Leurs rimes chaque jour engendrent le bonheur des voyageurs chanceux.

Il y a tant à voir, il y a tant à vivre et à rencontrer lorsque le temps n'est plus.

Les regards que l'on croise pétillent à l'envie et les mains que l'on serre sont offrande amicale car il n'y a rien à prendre mais tant à donner.

Nous ne saurons jamais qui du pas de Quiéto ou de son pas léger, s'adapte l'un à l'autre car c'est à l'unisson qu'ils parcourent gaiement les sentiers de leurs vies.
Elle marche à son côté, il flâne son destin.
Il écoute sa voix, il écoute son chant qui jamais ne se perd.

La bohémienne ne se sent jamais seule en tête à tête avec la musique du silence ...